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Le concept de « diaspora » apparaît de prime abord comme étant polysémique. En effet, de nombreuses définitions peuvent être attachées audit concept. Pour le Dictionnaire Larousse, le terme désigne la « dispersion d’un peuple, d’une ethnie à travers le monde ». L’Organisation Internationale pour les Migration(OIM), définit la diaspora comme des « personnes ou réseaux, associations ou communautés, qui ont quitté leurs pays d’origine et qui maintiennent des liens avec leurs patries ». Quant au Conseil Exécutif de l’Union Africaine (UA), la diaspora est constituée « des personnes d’origine africaine vivant hors du continent africain, qui sont désireuses de contribuer à son développement et à la construction de l’UA, quelles que soient leur citoyenneté et leur nationalité ».

Cet essai de clarification notionnelle fait suite au silence des textes administratifs et juridiques internes sur le concept de la diaspora. Il est davantage fait usage en droit administratif camerounais des termes de « camerounais à l’étranger » qui renvoient à une personne ayant un lien juridique ou de rattachement avec le Cameroun et résidant ou domicilié hors du territoire national.

Des définitions sus-énumérées, celle de l’Union Africaine se rapproche davantage de la vision projetée par le Gouvernement camerounais. Il importe simplement de ne pas entendre par l’expression « origine » usitée dans la définition de l’UA, les ascendants directs mais plutôt une filiation, une lignée. En effet, la politique Extérieure du Cameroun prône une inclusion de toute personne justifiant de la nationalité ou d’une filiation camerounaise et désireuse de concourir au développement du Cameroun et à son rayonnement international. La diaspora renverrait donc de manière prosaïque à :

Toute personne avec une origine camerounaise ou une nationalité camerounaise,  établie ou installée hors des frontières du Cameroun et qui conserve un intérêt pour ce dernier.

Il convient de relever qu’aujourd’hui, grâce notamment au processus de la mondialisation, une importante partie de nos compatriotes se retrouve, pour une raison ou pour une autre, établie dans des pays étrangers. La prise en compte de ces compatriotes, de leurs problèmes, de leurs besoins, constitue une préoccupation constante, au plus haut niveau de l'Etat.

En effet, la considération que le Chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya, accorde à la diaspora, est indéniable, autant que la volonté de voir celle-ci de s’impliquer dans le développement du pays.

Le 24 juillet 2009 au cours de sa visite officielle en France, le Chef de  l’Etat s’est adressé à la diaspora et a exprimé le souhait de voir cette dernière mettre son savoir et son savoir-faire au profit du développement du Cameroun. Il a affirmé également avoir pris note des doléances de la diaspora principalement axées sur les préoccupations existentielles et les difficultés qui se posent à elle dans son processus d’intégration en lien avec la préservation de la citoyenneté camerounaise.

La volonté du Chef de l’Etat transparait aussi dans les mutations réglementaires et institutionnelles au Ministère des Relations Extérieures. Entre 1999 et 2013, le statut de l’organe en charge de l’encadrement des camerounais à l’étranger est passé de Bureau à Direction. Aucune autre structure n’a connu pareille transformation. A titre d’illustration, le Chef de l’Etat a créé au sein du Ministère des Relations Extérieures, la Division des Camerounais à l’Etranger (DCE) par le décret N° 2005/286 du 30 Juillet 2005 portant organisation du Ministère des Relations Extérieures. Cette structure a vu ses attributions s’élargir avec le décret N°2013/112  du 22 avril 2013 portant organisation du Ministère des Relations Extérieures, qui l’érige en Direction des Camerounais à l’Etranger, des Etrangers au Cameroun, des questions migratoires et des réfugiés, chargée du traitement des questions migratoires en général et ; « du suivi et de l’élaboration des politiques et stratégies en vue de la participation des Camerounais de l’étranger au développement politique, économique et social du pays, en collaboration avec les autres Administrations concernées » (article 120) ; ainsi que de l’accompagnement institutionnel des projets portés par la diaspora.

L’Etat ira plus loin en adoptant la loi N°2011/013 du 13 juillet 2011 qui confère aux camerounais vivant à l’étranger, le droit de vote à l’élection présidentielle.

L’engouement pour la diaspora est partagé par d’autres institutions qui ont reconnu le large potentiel diasporique. C’est ainsi que le Programme d’Aide au Retour et à la Réinsertion des Jeunes de la Diaspora (PARIJEDI) du MINJEC ; le Programme d’appui au retour des immigrés camerounais (PARIC) du FNE ; l’Agence de Promotion des Investissements (API) ; les Centres de Formalités de Création des Entreprises (CFCE),  font une place de choix à la diaspora dans le développement de leurs activités.

En sus des initiatives sus-énoncées,  l’organisation des fora économiques DAVOC (Draw a Vision of Cameroon)  a permis de mesurer l’expertise et l’engagement de la diaspora pour le développement du Cameroun. Les fora DAVOC qui émanent d’une confédération des associations camerounaises de l’étranger (CASA-NET) ont au fil des ans acquis une respectabilité grâce, entre autre, à la qualité des échanges qui les animent. Ces évènements volontaires ont régulièrement reçu l’appui des institutions étatiques, et  conduit le Premier Ministre, Chef du Gouvernement à instruire le Ministre des Relations Extérieuresd’entreprendre des actions appropriées pour créer une plateforme la plus large et représentative possible, dédiée à la promotion et à la valorisation de la diaspora camerounaise (A218/a/SG/PM du 24 novembre 2014). D’où le Forum de la Diaspora (FODIAS) qui s’inscrit résolument dans le prolongement des nombreux fora et programmes consacrés à la diaspora camerounaise. Afin de faire bon usage des efforts et résultats antérieurs, il s’est avéré nécessaire d’orienter les thématiques et actions vers la réalisation des projets (project oriented).

En effet, s’il est louable deréfléchir sur des questions d’intérêt commun, il est sans doute préférable que ces réflexions s’accompagnent d’actions concrètes pour donner corps auxdites réflexions. La foison des  compétences dont regorge la diaspora camerounaise et l’appel répété du Président de la République en faveur de la concrétisation des idées ont conforté toutes les parties à placer le FODIAS 2016 sous le socle de la réalisation. Par conséquent, il s’agira pour les participants, moins d’ébaucher les pistes de réflexion que de dire  ce qu’ils entendent faire pour surmonter les défis auxquels fait face la nation camerounaise dans des domaines précis (santé, éducation-formation ; TIC…), ou ce qu’ils ont déjà fait en la matière,d’où le slogan choisi, à savoir : « WE DID IT, LET’S DO IT TOGETHER ».

Pour franchir le cap de l’action, le MINREX (et son réseau diplomatique) a entrepris une large concertation avec les communautés diasporiques camerounaises, les administrations et acteurs concernés aux fins de dégager la synergie nécessaire à la réalisation des projets proposés et portés par la diaspora camerounaise. Cette tâche est facilitée par l’excellente collaboration de nombreuses associations des camerounais à l’étranger notamment CASANET et le travail de recensement et d’encadrement des services diplomatiques et consulaires du Cameroun à l’étranger. Il faut en outre souligner l’intéressement des collectivités territoriales décentralisées, du FEICOM et des partenaires au développement pour cet évènement. Enfin, il est à noter que l’engagement spontané des camerounais à l’étranger fluidifie le travail à faire et indique le degré d’intérêt qui est accordé au FODIAS.

Conscient du risque de dispersion des énergies auquel doit faire face tout forum project oriented, il a fallu circonscrire les projets à venir dans des secteurs prioritaires. D’où le choix porté sur les secteurs ci-après : Santé ; Education et formation ; Foncier, Economie et Finances ; TIC et Economie verte ; Sécurité sociale ; Arts, culture et tourisme ; Communication et Relations Publiques. Les projets concernés peuvent être à court, moyen et long terme. Sans préjudice de la pertinence des projets et de leur envergure, les projets n’appelant pas une contribution financière directe de l’Etat ou bâtis autour des financements innovants sont encouragés. En fait, il est question de sortir de la spirale de l’Etat providence, qui inhibe tant le potentiel des populations et grève le budget public.

Pour la première édition du FODIAS, le thème général est « Le Cameroun et sa diaspora : agir ensemble pour le développement de la Nation ».

 

SPECIALE BOURSE DE L’EMPLOI

« COMPETENCES DE LA DIASPORA CAMEROUNAISE »

 
 

 

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